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"Claire à la robe orangée"

"Claire à la robe orangée"

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Un roman mystérieux

La patience ne compte pas le temps,
Elle est son oubli dans l'instant.
Les chants cosmiques de l'infini,
Sont l'âme orangée de mes nuits.

Prologue

Claire a passé la porte et a fait quelques pas dans le bistrot. Dans le brouhaha des conversations, personne ne semble la remarquer. Elle va s’asseoir à une petite table ronde avec deux chaises. Elle a envie d’un petit café bien serré. Elle défait la ceinture de son imper qu’elle a simplement nouée en négligeant la boucle, découvrant sa robe orangée. Elle croise les jambes et attend. Elle regarde ses talons hauts. D’un coup de doigt humide, elle y efface une petite tache d’eau sur le noir du cuir.
Elle connaît cet endroit depuis cinquante ans, 1968.
Claire avait dix-huit ans et n’y était jamais revenue.
C’est toute à ses rêves que la voix lui a sauté aux oreilles. Cette voix, comme un coup de poing dans la poitrine. Claire la connaît, elle la connaît si bien.
Elle s’est retournée vers le bar et elle l’a vu. Nicolas est là, grand, joyeux, le regard clair et les boucles noires sur le front.
Nicolas est là et le cœur de Claire s’arrête.
Leur bistrot, leur amour, cinquante ans plus tard et il est là, tout est en place alors qu’elle l’a cherché toujours. Nicolas disparu, si beau quand il rit.
Il ne la voit pas alors elle le regarde à en perdre le souffle.
C’est lui mais… il y a cinquante ans ! Ce jeune homme ne peut être lui. Pourtant il est le portrait vivant de son Nicolas à elle. Tellement que c’est lui, elle le sait, elle le sent.
Il a disparu en 1968, un matin de mai, un beau matin de printemps. Il est sorti après l’avoir embrassée dans le lit défait de la nuit.
- Tu me fais l’amour comme on fait une confidence, c’est si doux. Reviens vite.
Elle est restée, le regard heureux en s’étirant. Il est parti voir ce qu’il se passait vers la fac. Juste un moment, juste une heure, juste un aller et retour.
Il n’est jamais revenu…
Aujourd’hui, c’est lui au bar ! Tel qu’il était ce matin-là, les yeux rieurs, ses boucles sauvages, la veste ouverte sur une chemise pas repassée.
Claire met sa main devant sa bouche. Muette, elle pleure à cette merveilleuse vision qui se trouble dans les larmes. Son amour disparu, ce matin de printemps, tout lui saute au cœur.
Mais ce jeune homme, ce ne peut être lui bien sûr, ou alors son fils alors ou même son petit fils. Une telle ressemblance, Claire ne peut pas se tromper. Elle reconnaît tout en lui. Sa voix, sa façon de bouger, ses grands gestes heureux. Claire sourit et se souvient comme il savait si bien l’aimer de mots tendres au creux de son oreille.
En passant sa main douce sur la peau si blanche des pieds de la jeune femme, il s’était penché à son oreille.
- Je t’aime tellement que je voudrais être toi pour ne jamais te quitter.

Un voyage aux confins de la vie